sortie le 22 septembre 2008
Spleen était déjà comme un enfant la première fois qu’il a vu James Brown, place de la République à Paris, et c’est là qu’il s’est dit « quand je serai grand, je ferai ça ! »

Spleen, un beau bébé d’origine camerounaise qui a vu le jour en 1982 dans la région parisienne.
Il vient d’une famille où l’art a forcé la porte d’entrée. Comme dans beaucoup de foyers, le slogan était « passe ton bac d’abord » voire « passe ton agrég d’abord ! » c’est encore mieux.
Des parents stricts, un père très érudit, qui souhaitait que ses enfants fassent de brillantes études et qui voulait même, comme le dit Spleen, « que ses enfants parlent mieux le français que les français eux mêmes! »
Mais on connaît tous la chanson : « chassez le naturel… » et vous obtiendrez de sacrés galopins ! un frère aîné devenu professeur de gospel, un autre étudiant aux beaux arts de Paris et actuellement à la Fémis ; une petite soeur installée à Londres, la capitale de la pop.
Et Spleen qui a passé son bac mais qui fera attendre l’agrég, car ce jeune sportif qui pratique le hand-ball à haut niveau se sent pousser des ailes. Plus que tout il rêve de faire de ce sport son métier, mais pour des raisons inexpliquées (et paraît il inexplicable…) il échoue. Il revient donc à son rêve d’enfant, celui de la place de la République, faire comme James Brown !
Spleen ne connaissait ni le travail d’Irina ni celui de son père, Peter Brook, il connaissait juste la scène de fin de Roméo et Juliette parce qu’il l’avait joué au lycée, une situation assez originale pour attirer l’attention d’Irina Brook qui s’est littéralement éclatée de rire lorsqu’elle a demandé à Spleen de lui faire écouter ce qu’il y avait dans son casque, c’était du Spleen !
Une chose est sûre, il a eu le rôle et il est parti pendant un an en tournée avec la troupe.
2005 est décidément un très bon cru pour Spleen, l’itinéraire d’un enfant surdoué qui sort son premier projet « She was a girl », qui remporte le concours CQFD des Inrockuptibles dans la foulée et qui officialise son collectif en produisant « The Black & White Skins volume 1 » où l’on retrouve ses fidèles acolytes, Hugh Coltman, Zahra Hindi, Ardzen et bien entendu Cocorosie. Au même moment, Cédric Klapish le découvre live sur la scène des Nuits Zébrées de Radio Nova à la Scène Bastille de Paris et lui demande une apparition de la B.O de son dernier film: « les Poupées Russes ».

Quand on propose à Spleen d’interpréter Jean Michel Basquiat dans une pièce sur William Burroughs au Théâtre des Abbesses à Paris aux côtés de Denis Lavant, il ne résiste pas et ne participe pas aux Transmusicales de Rennes, tremplin ô combien important pour un jeune artiste talentueux comme lui.
C’est l’année où l’on a découvert Camille, Pauline Croze, Nosfell, Adrienne Pauly…et quelques autres. Pour Spleen, il faudra attendre encore un peu. Il mettra beaucoup de temps à s’en remettre, à la fin de cette année là, il se retrouvera même à jouer devant trois personnes dans une salle à Bobigny le jour des victoires de la musique : coup dur pour Spleen qui réalisera ce jour là, toute l’importance de se consacrer entièrement à sa musique et de bien s’entourer.
Après un projet fait a la maison qu’il enregistre avec son ami Jeremie Sebban, il fait la connaissance de Marlon par l’intermédiaire de Seb Martel, et ensemble ils réaliseront « Comme un Enfant ».
« Comme un enfant », parce que Spleen y a insufflé tout le côté instinctif de l’enfant, celui qu’il conserve précieusement pour écrire sa poésie et ses images. Des textes composés avec des mots simples et frais qui décrivent des sentiments profonds et personnels.
Par exemple dans le morceau « Yaoundé », Spleen ne rend pas seulement hommage à ses racines, il parle du réel manque qu’il ressent vis-à-vis de ce pays, le Cameroun, si loin et si présent à la fois en lui. « Stylo stéréo » est une véritable déclaration d’amour à son meilleur allié: son stylo qui ne l’abandonnera jamais et à la musique qui le sauve quand il va mal. Dans « Amour », Spleen se livre enfin et ouvre son cœur, il a longtemps cultivé le fait de ne pas dire merci ou je t’aime pour ne rien attendre en retour, pour ne pas souffrir. Pendant une dizaine d’années, Spleen a passé son temps à essayer de plaire aux filles pour se rassurer sur celle à qui il n’a pas pu dire je t’aime… au bon moment, à un moment, c’est comme ça qu’il l’a perdue et qu’est née une belle chanson « Tell me more about you, olivia » qui a revélé Spleen au public et qui figure sur son premier album. Quelques années plus tard « Tu l’aimeras » résonne comme un écho où il parle de sa peur d’être quitté comme d’une véritable gangrène qui tue le couple à petit feu.










